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Des millions de mots, comme un défi à la barbarie ? Novembre avec le #NaNoWriMo : le mois kamikaze

Voilà, c'est fait, on a les 50 000 mots, le titre puisqu'il faut en mettre un. Un mois de novembre très particulier, où l'on se fait violence à relever un défi personnel, un mois de novembre dramatique qui laisse encore des traces et en laissera pour longtemps.

22 jours d'écriture dont un jour à plus de 5000 mots.

Une petite victoire à soi, ajoutée aux victoires de tous les autres, des millions de mots, comme de grand défis à la barbarie ?

Des millions de mots, comme un défi à la barbarie ? Novembre avec le #NaNoWriMo : le mois kamikaze
Des millions de mots, comme un défi à la barbarie ? Novembre avec le #NaNoWriMo : le mois kamikaze
Voici ce que l’on appelle un prologue (vous remarquerez qu’il est fortement inspiré de celui d’un auteur très connu) ou scène d’exposition. Peut-être le début d'un prochain livre... ou pas.
Vous noterez aussi le nombre important d’adverbes et de conjonctions de coordination… inutiles, que la ponctuation n’est pas au top, et qu’il y a des répétitions. Il s’agit du premier « jet » et #NaNoWrimo oblige… Vous allez dire que je triche ? D’une certaine manière : oui.

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Antoine, Ardèle, la blonde et les autres

"Tante Ardèle ! C'est Nicolas. Tenez bon. Moquez-vous d'eux. Moquez-vous de ce qu'ils appellent le scandale. Aimez, tante Ardèle, aimez qui vous voulez. Ne les écoutez pas. S'ils ne vous disaient pas que vous êtes trop vieille et bossue, ils vous diraient que vous êtes trop jeune. “
Ardèle ou la Marguerite, Jean Anouilh

Cet homme, c’est Antoine, le grand tout maigre, c’est le héros du livre, celui que l’on nomme le personnage principal. Il va partir, il part à la recherche de sa soeur, il va partir sur les routes, il va se souvenir, il fouillera dans sa mémoire pour revoir l’image de Cécile, sa soeur bien-aimée. Pour l’instant, il réfléchit, il se prépare, il ne sait par quel bout commencer, il ne sait pas encore s’il prendra sa voiture, s’il partira sur tous les chemins, s’il découvrira tous les lieux, ceux de son enfance, de son adolescence, ceux qu’il suivait avec sa soeur, mais surtout ceux que sa soeur est partie parcourir sans lui. Il se rendra peut être dans la capitale, il prendra le train, le bus, il a les clés de la maison de sa soeur, il ira la regarder de nouveau, les murs blancs, les affiches sur les murs, la bouilloire en inox qui bouillonne, les petits rideaux rouges à la fenêtre.
C’est lui qui va vous raconter l’histoire, il ne la connait pas encore par coeur, et pourtant il connait son rôle, celui que la vie lui a donné, celui que ses parents, mais surtout sa mère a désiré pour lui. Mais il partira sans rien dire, à personne, il veut être seul, seul avec Cécile. Il ne sait pas tout parce qu’il part au hasard et il ne sait pas ce que le hasard lui réserve. Il faut d’abord qu’il rencontre les autres, ceux que sa soeur a croisés mais qu’il ne connait pas encore. Est-ce qu’il va les reconnaitre ? oui sûrement, enfin, c’est ce qu’il se dit. Il pense aussi que l’auteur l’aidera, le soutiendra aussi quand il sera désespéré, quand l’espoir l’abandonnera, pas le hasard, non, il n’y croit pas une seconde, mais l’auteur oui, il lui fait confiance, ils sont complices tous les deux, n’est-ce pas lui qui l’a créé, qui le fait vivre. Et puis, il pense que son destin est déjà écrit.
Pour l’instant, il attend, il a l’air ballot, et c’est normal, il attend que les autres lui soient présentés, qu’ils entrent en scène en quelque sorte. il n’est pas inquiet, il n’a rien à perdre, seul compte Cécile, qui a disparu.

Les autres, c’est d’abord la blonde, elle s’appelle Irina, elle est plus ou moins ouvreuse dans un petit théâtre, elle suit aussi des cours de comédie. De ces petits théâtres comme il les aime, sortes de petits écrins, un théâtre à l’italienne. Irina est belle, jeune, pleine d’espoir et d’ambition aussi. Elle veut réussir, elle est venue de sa province pour descendre les plus belles marches. Elle côtoie des gens célèbres, elle pense qu’un jour elle rencontrera celui qui la mettra sur les planches pour de bon, elle veut faire carrière, c’est ce qu’elle croit. Elle a l’insolence des jeunes qui croient que leur destin est tout tracé et qui ne peuvent que terminer sous les projecteurs, des stars comme on en fait rarement, comme on en fait une tous les dix ou vingt ans. Irina, c’est celle qui rit, Elle rit très fort en montrant ses dents blanches et en bombant le torse qu’elle a plutôt avenant. Elle fait tournoyer ses cheveux d’un mouvement de tête, et son corps perchée sur ses talons aiguilles invite à la suivre, Antoine la suivra, même si on sent déjà qu’Antoine ne va pas beaucoup l’aimer, lui qui préfère l’intelligence du coeur, la douceur et la bonté. Tout ce qui est sa soeur.
Les deux femmes se connaissent, comment, pourquoi ? c’est ce qu’Antoine ne sait pas, ça manque au tableau quand l’histoire commence.

Et puis il y a le mort. Vous ne le voyez pas parce que vous lui tournez le dos, il est assis au balcon, face à la scène, à la place deux cent vingt et un, un des deux cents fauteuils que compte le théâtre où la blonde guide les spectateurs jusqu’à leur place. Il ne bouge pas, il est assis, il est vieux, entre soixante cinq et soixante dix ans, il est venu assister à la représentation, il a gardé son manteau gris et posé son chapeau mou sur ses genoux. Ses mains le tiennent encore, c’est ce qu’on croit voir, mais en réalité, elles ne retiennent plus rien. Sa tête est légèrement penchée sur le coté gauche, regardez-le, on dirait qu’il se repose, mais c’est un repos pour toujours. Il aurait pu tomber sur le spectateur assis devant lui, mais non, il a eu la politesse de ne pas le déranger pendant la représentation. Comment sait-on qu’il est mort ? Et bien, lorsque les lumières sont revenues dans la salle, tous les spectateurs ont cru qu’il dormait, personne n’a tenté de le réveiller, laissant le bruit des fauteuils qui claquent et des bavardages s’en charger, personne sauf le régisseur, à la fin. C’est sûr, un homme qui reste assis seul après le départ de tous les spectateurs,.. le régisseur a posé la main sur son épaule pour le faire réagir, puis l’a secoué, très fort, a cru qu’il était sourd, mais que ferait un sourd au théâtre ? il l’a secoué encore plus fort, et le corps inerte du vieux s’est mis à glisser tout doucement sur le coté, jusqu’à se retrouver allongé par terre, sur le tapis rouge, le chapeau accompagnant sa chute. Pour l’instant, on n’en sait pas plus sur le mort, on ne connait même pas son nom, on sait juste qu’il vient très souvent, qu’il est discret, souriant, une sorte de passe partout, et qu’il s’assoit toujours à la même place. On ne sait même pas de quoi il est mort, mais Sylvain est obligé dans ce cas là d’avertir le directeur du théâtre, les pompiers, la police, etc…

C’est à ce moment là vous l’avez compris, que l’on fait la connaissance de Sylvain, le régisseur, la quarantaine bien tassée, peut être un petit cinquante ans. C’est lui le chef d’orchestre du plateau, des lumières, du son, du rideau de fer et des servantes, celui qui vérifie tout avant de fermer les portes de la comédie.
Sylvain n’est pas très bavard, mais il est très professionnel, très compétent. Ce soir, il doit sortir avec la blonde, l’emporter sur sa moto pour aller boire un verre dans un bar, il a prévu un casque pour elle, ce sera donc partie remise, ou pas, la suite le dira. En attendant, il retient un soupir d’énervement, les emmerdes, il n’aime pas ça du tout, il aime quand tout va bien, quand il a tout prévu et que tout se déroule selon un ordre bien établi. Comme sa soirée qui s’annonçait plutôt bien, avec la blonde. ils fricotent un peu tous les deux de temps en temps, pas régulièrement. Deux solitudes qui se mettent ensemble, sans faire de projets, c’est inutile, Irina accepte parce qu’elle a d’autres objectifs pour son avenir et lui ne s’est jamais encombré d’une femme et a pris de habitudes de célibataire, ce qui ne veut pas dire bien sûr qu’il dédaigne les femmes, bien au contraire, ils les aiment beaucoup mais se sent trop volage pour aborder une liaison sérieuse. Il se dit parfois que c’est parce qu’il n’a pas trouvé la femme qu’il lui faut, mais ça, c’est une autre histoire. C’est ce qu’on appelle un mec bien Sylvain, il est tranquille, il se laisse un peu vivre parfois, ce serait une femme, il pourrait tricoter dans un coin…
Il est déjà tard et cette nuit sera une nuit de merde, et demain probablement encore plus, il faudra répondre aux questions d’un inspecteur qui se méfiera de tout ce qu’on lui dit, gérer le plateau, les équipes, le personnel, les comédiens (ça c’est le pire). Est-ce que la représentation du soir sera annulée ?

L’inspecteur, c’est un personnage secondaire, oui, d’abord parce qu’on ne sait pas encore de quoi le mort est mort. `Celui qui arrive est de permanence, avec deux personnes qui suivent quelques minutes plus tard, il fait les premières constations, les premières mesures, les photos. Il a un air désabusé, il ne le dit pas mais vous voyez que ça l’ennuie d’avoir été dérangé par un mort, probablement d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral. Il a dû laisser la paperasse en retard au poste pour se déplacer. il aura encore un dossier à ouvrir, des tas de dépositions à taper, à imprimer, puis il les transmettra au procureur de la république, car une enquête préliminaire sera ouverte, obligatoirement. C’est un personnage secondaire parce qu’Antoine ne s’intéresse pas à lui, il n’a aucun lien avec l’histoire qui lie tous ces gens, il est là juste parce qu’on l’a appelé. Il s’appelle Stanislas, Stanislas Beauregard. Il a un drôle de tic, il cligne des yeux sans arrêt, c’est pour cette raison que vous pouvez voir un léger sourire sur les lèvres de Sylvain. il est arrivé avec un cigare entre les doigts de la main droite, un cigare dont vous ne pourrez jamais savoir s’il vient de l’éteindre ou s’il va l’allumer, mais peut être que c’est toujours le même cigare, vous ne le verrez jamais fumer. Là, ce soir, il arrive en le tenant dans sa main gantée, et pour observer plus précisément la scène du mort, il le pose sur la tablette de la boite à sel, à l’accueil, là où officie le caissier, l’endroit où vous achetez ou récupérez votre billet, dans le hall d’entrée. Le caissier sera probablement interrogé par la police, notamment pour la connaissance qu’il peut avoir des spectateurs.
Il est secondaire mais sa présence est obligatoire, il s’agit de la mort d’un homme quand même.

Vous me direz que l’histoire ne peut commencer sans le décor, vous avez raison. Comme Antoine ne sait pas encore où il va, nous n’avons que le décor du théâtre et de la pièce qui se joue ce soir. Nous sommes dans le hall d’une maison bourgeoise, de chaque côté, à cour et à jardin, il y a un escalier en bois qui mène à une galerie en forme de U, avec des portes qui vont s’ouvrir et se fermer tout au long de la pièce et des cris qui transperceront les murs.

Il y a aussi tous les figurants, mais eux n’interviennent pas dans l’histoire, ils ne viennent que regarder la pièce et observer, ils suivront le cheminement d’Antoine, jusqu’au bout, comme les lecteurs, c’est ce que l’auteur espère. En réalité, ils pourraient très bien ne pas être là, mais l’histoire, c’est à eux qu’elle est racontée.

Maintenant que vous connaissez tous les personnages, l’histoire va pouvoir commencer. Elle commence à l’instant où Antoine se décide à partir sur les traces de Cécile, sa soeur. Le dénouement de l’histoire n’est pas connu mais nul ne doute que tout cela se terminera mal.

Tag(s) : #NaNoWriMo, #Des fois j'écris..., #2015

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